Société/ Vie Politique 16 septembre 10h-13h

helenethomas@univ-cezanne.fr

 

1ère partie: Domaines, objets et approches de la politique

2ème partie: Les formes et figures en Occident de la domination politique

3ème partie: Délibérer, participer, contester

 

Chapitre 1: Introduction

 

La notion de politique est une notion qui vient du grec "politik" signifiant "le régime de la Cité". Notion traduite en latin venant du mot socius ou societas et civitas, c'est à dire que la notion grecque de politique regroupe l'appartenance à un système politique qu'on appelle la Cité, englobe le fait d'être dans la société, intégré dans la cité. 

 

Naturellement, les hommes sont fait pour se rassembler, s'associer. La cité est connue comme la famille et la société. Quand les auteurs latin traduisent "politik" en latin, ils disent aux choix, civis ou sociaux: entre en compte la notion de civilité, de vie sous forme pacifiée. cette distinction entre le social et le politique n'a aucun sens et n'existe pas dans le discours scientifique et des sciences humaine, jusqu'à la moitié du 19eme siècle.

"zoo politici", l'homme est un animal politique traduit en latin par "l'homme est un animal social". En France, la distinction entre le social et le politique à une importance moindre que la distinction entre le politique et le religieux avec la loi de 1905 "Loi de séparation de l'église et de l'état"

Auguste Comte a inventé la science de la société. Il a utilisé un préfixe latin "socius", du grec "logos". La sociologie s'est ensuite approprié l'analyse du domaine social. 

 

Qu'est ce que la société? Définition de la 4ème édition de 1762 (dictionnaire de l'académie française): "Le commerce que les hommes ont les uns avec les autres de manière naturelle, le commerce est l'art de discuter avec les autres mais également l'art d'être en relation avec les uns et les autres, en contact verbal ou autre avec les mêmes personnes". La 1ère définition de la société est l'idée d'un contact répété avec les uns et les autres, une co-présence signifiant que des individus sont contraints de se supporter, de vivre ensemble. C'est une obligation d'association. 2ème définition: "la société (ou la sociabilité) est l'aptitude à vivre ensemble. Pour vivre en société il faut être sociable et être capable de vivre en société est un caractère propre à l'espèce humaine". L'homme est donc un animal social et non un animal politique. Y'aurait-il d'autres sociétés animales? De "loups" comme l'énoncerait Locke,qui fonctionne en meute, en horde. tout au long du XVIIIème siècle et XXème: face à la foule révolutionnaire, on a effectivement l'impression que ce sont plutôt des animaux qui déferlent dans les villes. 

Sigmund Freud écrit l'oeuvre "Psychanalyse des foules" qui va faire parler de lui sur sa manière d'analyser les hommes vivant en société. On remarque dans certaines espèces animales une sorte de sociabilité, ce qui n'est pas souligné dans la 5ème édition du dictionnaire de l'académie française de 1798 (?). Pendant tout le XIXème siècle, pour penser la foule sage, on va la comparer aux 19eme siècle avec des abeilles et aux 20eme siècle à des fourmis.

 

L'être humain est-il donc sociable par nature ? "Naturellement capable de compagnie" ? "Né pour vivre en compagnie" ?. Quelque soit ses caractéristiques psychologiques, dans tous les cas l'Homme est un animal social. L'Homme comprend les hommes les femmes au sens de la distinction biologique et sociale , c'est la base du contrat social qui est déjà un contrat des mots, c'est un contrat de civilité : René Descartes invente un Homme qui va dominer sa passion par la raison. Olympe de gouges ("déclaration des droits de la femme et de la citoyenne", "si la femme monte à l'échafaud, elle devrait aussi monter à la tribune".)

Article 1 de la Constitution "Tous les Hommes naissent et demeurent et libres et égaux en droit", cependant, les femmes à cette époque n'avait pas les mêmes droits que les hommes et n'ont toujours pas les mêmes droits d'ailleurs au niveau social, au niveau politique, etc… exemple avec l'ancien terme du mariage "mari et femme" (aujourd'hui, on parle d'époux et d'épouse). Dans cette définition de l'animal social d'Aristote, il n'y a qu'une part seulement de la société qui est comprise, voire 10% à l'antiquité, excluant les femmes, les enfants, les esclaves…. 

 

I/ L'invention de l'Homme occidental

 

A partir de Descartes et des théoriciens de la nature, la société est un assemblage d'hommes unies par la nature ou par des lois. Naturellement ils sont amenés à vivre ensemble. La seule manière de sortir de l'état de nature c'est de créer l'état civil. 

 

Les autres auteurs du droit naturel (Spinoza, Locke, rousseau….) pensent que notre société est contractuellement régulée par des normes: on ne passe pas directement de l'état de nature à l'état civil contrairement à la théorie de Descartes. La loi naturelle s'impose aux hommes et les oblige à rester en vie.

 

 Charles Darwin ("théorie des animaux", "théorie de la sélection naturelle") a inspiré Spencer qui a théorisé la survie de l'espèce humaine: c'est un des principes de la pensée de la théorie du droit naturel. Les hommes et les femmes sont égaux dans cette instinct de survie. Les penseurs du contrat social vous tous considérer qu'il ne peut pas y avoir de société régie par le contrat, d'hommes unis par des lois. Il ne peut y avoir société/civilité politique, que si dans le contrat qui fonde cette société, celui-ci soit passé entre les individus et entre les individus et l'instance qui deviendra ensuite une législation, que si dans ce contrat il y a une clause qui fait obligations aux individus passant le contrat de dénoncer le contrat si une clause n'est pas respecté. Dans le contrat égalitaire, implicitement, il y a non seulement un droit à l'insurrection, voire même une obligation de se rebeller et dénoncer le régime politique s'il met en péril ce droit naturel imprescriptible, ce droit à la vie. 

 

1) Invention de l'individu occidental commençant avec Descartes et ce qu'on a appelé la "Révolution métaphysique cartésienne" et "la rationalité calculatrice" (théorisé par Max Weber)

 

L'homme devient un individu: à travers deux oeuvres de Descartes dont l'un s'intitule "Le discours de la méthode" publié en français en 1637. Citations de Descartes: " Nous voulons nous rendre comme maitres et possesseurs de la nature" extraite de la seconde oeuvre "Méditation métaphysique".

 Descartes définit l'être humain à travers plusieurs phrase:

- "Je pense, donc je suis"

- "L'individu occidental est une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui imagine aussi et qui sent" 

- "Les bêtes n'ont pas moins de raison que les hommes, elle n'en n'ont point du tout"

-  "La nature m'enseigne par les sentiments de douleur, de faim, de soif, que je ne suis pas seulement logé dans mon corps, ainsi qu'un pilote en son navire, mais, outre cela, que je lui suis conjoint très étroitement et tellement confondue et mêlée, que je compose comme un seul tout avec lui. Car, si cela n'était, lorsque mon corps est blessé, je ne sentirai pas pour cela de la douleur, moi qui ne suis qu'une chose qui pense, mais j'apercevrais cette blessure par le seul entendement comme un pilote aperçoit par la vue si quelque chose se rompt dans son vaisseau."

 

"Logé dans mon corps"   => Métaphore de la maison reprise par Freud dans l'introduction à la psychanalyse "le moi n'est plus maître chez lui".

 Le "moi" est ici exproprié, expulsé de son domicile, voire de sa résidence. chez Descartes comme chez Freud: ce domicile c'est le corps chez Descartes et la conscience chez Freud car l'ensemble des règles qui s'appliquent à lui pour éviter qu'ils fassent n'importe quoi en société, sa conscience, son surmoi est expulsé par son inconscience, son "ça". 

 

On passe du "je pense" à "ça me fait sortir de la pensée rationnelle sans que je ne puisse rien contrôler". Nous, les "je" humain occidentaux vont devenir maître et possesseurs de la nature: on doit désormais pouvoir comprendre avec la physique, la zoologie, la physiologie, on doit pouvoir comprendre comment marche notre corps. John Harvey est le 1er à comprendre et à expliquer le mécanisme cardiaque avec Descartes 

 

"Nous devons nous méfier de notre corps et de ce qu'il peut faire. il faut se méfier de nos sentiments comme de la peste, Il faut pouvoir surmonter nos sensations corporels (faim, soif…) pour maîtriser notre corps, nous devons faire comme si tout ce que l'on savait et ce que l'on a appris par nos 5 sens, n'existait pas, nous devons ne tenir compte aucunement de nos sensations et de nos sentiments. Nous devons devenir des êtres désaffectés. Je ne fais que considérer que je suis un être raisonnant et je me coupe de mes expériences sentimentales, sensationnel, je vais pouvoir comprendre mon environnement naturel, mon rapport aux animaux, aux plantes, à l'infra-humain et par la technique je vais pouvoir maîtriser et posséder la nature. Je vais pouvoir me rendre maître et possesseur de la nature et donc pouvoir dominer tout ce qui sont des êtres naturels et non pas culturels et se poser la question s'ils ont une âme ou pas. je vais pouvoir permettre la conquête des barbares pour les amener à la civilisation et en faire des Hommes surtout s'ils ont une âme" référence à la Controverse de Valladolid, de JP carrière, 1529. "Ils n'ont point de raison du tout". 

 

"Le programme cartésien permet aussi de penser la conquête coloniale. On peut traiter les "indiens" comme des animaux ou bien les ramener à la civilisation normale en passant par la tradition catholique ou alors je peux les massacrer. Je peux les mettre aussi en esclavage". 

 

2) Communauté et société

 

Fernand (un des 1ers sociologues allemands, contemporains de Durkheim) reprend l'idée de Durkheim "Gemeinschaf (=société)). 

 

XVIème siècle: émergence des Pays-bas comme 1ère puissance commerciale mondiale autour du commerce et de l'industrie textile du drap de Flandres. Comment je passe des sociétés pré-indus aux sociétés industrielles? Comment je passe des sociétés rurales aux sociétés urbaines? Des sociétés paysannes aux sociétés ouvrières? De la communauté à la société? De la modernité à l'ère contemporain? Des sociétés immobiles, traditionnelles à des sociétés de progrès, d'échanges? Si je transgresse des règles je vais être puni sévèrement dans le communautarisme car transgresser, c'est remettre en cause les règles de la société tout entière. Les relations entre les membres de cette société comme appellent individus sont des relations contractuelles, mutuelles, de commerce. Si les règles sont transgressées pas besoin de le punir sévèrement car ça ne remet pas en question la coalition des individus dans la société.