Introduction générale à l'économie 16 Septembre 08h-10h

Les besoins: on parle habituellement de besoins physiologiques qui auraient un caractère objectif, et puis peu à peu, on verrait apparaitre des besoins plus psychologiques qui ont un caractère subjectif, c'est à dire qui dépendent de chaque individu. Cette distinction classique est artificielle car le phénomène dominant est ce que l'on appelle la subjectivité des besoins. même pour des besoins de base, la subjectivité des besoins est installé; pour les économistes, le phénomène majeur est donc la diversité des biens, selon les goûts personnels et les éléments socio-culturels. Les économistes tendent à utiliser le terme de "préférence" plutôt que de "besoin" pour représenter cette subjectivité. Pour répondre au besoins, il faut donc des biens.

 

5 classifications habituelle des biens à contester au fur et à mesure:

 

- Bien naturel/bien produit: distinction habituelle au 19 ème siècle. Un bien naturel est issu de la nature à l'inverse du bien produit. Aujourd'hui, tout les biens que nous produisons nécessite une production. Même le pétrole est "produit": il faut une intervention humaine pour le découvrir (recherche, prospection), l'extraire, le raffiner, le transporter, le distribuer. Cette activité humaine est ce que l'on appelle une valeur ajoutée: il en est de même pour tous les produits naturels, les produits agricoles nécessitent une intervention humaine qui leur rajoute de la valeur et cela fait que ce que nous consommons aujourd'hui, ce sont des biens produits

 

- Bien matériel/bien immatériel: Le bien matériel à une consistance physique à l'inverse d'un bien immatériel. Au milieu du 18ème siècle, courant des physiocrates: le seul secteur productif était l'agriculture, tout le reste était qualifié de  "classe stérile". En 1776, Adam Smith étend le secteur productif à tout ce qui est matériel, à savoir l'agriculture et l'industrie: il exclut donc de l'économie productive tout ce qui est les services immatérielles. Le tournant est pris en 1805 par Jean-Baptiste Say qui considère que la matérialité du bien n'a aucune importance, ce qui compte , c'est de savoir si cette élément répond à un besoin humain. Si c'est le cas, alors les biens font parties du secteur productif, peu importe qu'ils soient matériels ou immatériels. De la sorte, le secteur tertiaires (services) fait partie du secteur productif ce qui fait que la distinction matérielle/ immatérielle n'a aucun intérêt, d'autant plus qu'aujourd'hui, moins de 5% des français travaillent dans l'agriculture, 25% dans le secondaire ce qui fait que le reste travaille dans le secteur tertiaire: il est donc essentiel de montrer que ce secteur là aussi est productif.

 

- Bien de consommation finale/ Bien de production: distinction classique qui fonde notre comptabilité nationale: un bien de consommation finale répond directement à un besoin humain: il a une utilité directe. Au contraire, un bien de production n'a qu'une utilité indirecte, il sert à produire d'autres biens. Dans ces biens de production, il y a deux sous-catégories: les biens de consommation intermédiaires: il s'agit notamment des matières premières. La particularité de la consommation intermédiaire est qu'elle ne sert qu'une fois. 

Deuxième sous-catégorie: les biens d'équipements: les machines utilisés dans les entreprises qui servent à produire d'autres bien mais qui servent plusieurs fois, plusieurs années: ces biens d'équipement ont tendance à veiller, à s'user et il faut donc compenser cette usure pour remplacer plus tard ces machines: c'est l'amortissement. Il y a des biens qui par nature appartiennent à l'une ou l'autre des catégories. Beaucoup de biens peuvent être placé dans l'une ou l'autre des catégories: l'automobile: bien de commotion finale ou bien de production ? Si elle sert pour se promener, ect…c'est un bien de consommation finale, mais si elle sert dans une entreprise à transporter les travailleurs ou le matériel, c'est un bien de production. Du point de vue économique, la distinction parait claire: sur le plan statistique, on ne peut pas faire une enquête auprès de chaque français pour savoir la proportion d'utilisation catégorique de son automobile. Il est donc mis en place des conventions: toute automobile possédée par des ménages est placée dans la catégorie des biens de consommation finale, même si cela n'est pas forcément vraie. Toute automobile achetée par une entreprise va dans la catégorie "bien de production". Il y a donc une obéissance à des conventions simplificatrices.

 

- Bien de consommation durable/non-durable: distinction classique: le meilleur exemple sont avec les services car la particularité des services sont d'être consommé à l'instant où ils sont produit. Un match de foot par exemple est un bien de consommation non-durable . En face, les bien de consommation durables, Garry Becker se pose la question de savoir ce qu'est que consommer un bien durable: on ne consomme pas le bien durable, mais les services rendus par ce bien durable. Pour Becker, l'erreur à été de considérer la consommation comme finale alors qu'en vérité, c'est un vrai processus de production: c'est pour lui la théorie de la production domestique. SI c'est le cas, comment peut-on distinguer alors l'entreprise d'un ménage ? L'entreprise produit pour les autres, pour le marché alors que le ménage produit pour lui-même. Si les ménages produisent des services, comment peut-on analyser les biens qu'il achètent ? Les ménages peuvent acheter des bien d'équipement pour produire eux-même mais pour qu'ils fonctionnent, il faut des consommations intermédiaires (acheter de l'essence pour faire en sorte que la voiture rende des services d'équipement). Il faut donc des biens d'équipement, des consommations intermédiaires et une activité humaine: élargit considérablement la notion de bien d'équipements. L'alimentation n'est pas un bien de consommation finale puisqu'il faut cuisiner les aliments (activité humaine), à l'aide de bien d'équipements et de biens  intermédiaires. La qualité du service dépend de la qualité de l'équipement, des consommations intermédiaires, et de la qualité de l'activité humaine. Nous consommons notamment des services rendus par nous-même pour nous-mêmes: intuition importante de Becker car traditionnellement, les entreprises sont le secteur productif et les ménages sont le secteur passif. 

Aujourd'hui, les ménages jouent un rôle considérable dans la production. La meilleure preuve est que ces services entrent en concurrence avec les services des entreprises: on peut remplacer l'un par l'autre. Pourquoi alors dans un cas choisir une production domestique et dans l'autre une production marchande ? Deux causes: le prix fait l'arbitrage entre les deux et l'avantage de la production marchande est qu'elle fait économiser du temps  (seconde cause). Exemple basique avec les meubles en kit: moins chère, facilité de transport, facilité du service du montage.

Traditionnellement un marché était définit par un produit. Ex: le marché du transport par rail: en France, il n'y a que la SNCF, elle est un monopole, ce qui est faux car le service que rend la SNCF n'est pas le transport par rail, mais le transport d'un point à l'autre, elle est en concurrence avec les autres (avions, voitures, ect) et se comporte donc comme une entreprise en concurrence 

 

Bien libre/ bien rare: bien libre existe en capacité surabondante (air) et ne peut pas donc faire l'objet d'une activité économique. Un bien rare est par définition un bien économique parce qu'il est rare. La notion de rareté n'est pas donnée une fois pour toute, elle évolue dans le temps et dans l'espace: l'air que l'on respire devient un bien rare en cas de plongée sous-marine, de malade sous-oxygène, et tombe alors sous l'effet de l'activité économique (bouteilles d'oxygène). La rareté évolue aussi dans le temps: l'espace de stationnement et le silence d'un appartement: dans le premier exemple, au début du 20eme siècle, c'était un bien libre. Mais dans un milieu urbain où l'automobile s'est démocratisé: les places deviennent alors un bien économique qu'il faut ensuite distribuer au travers de deux techniques: soit la technique marchande (parking payant, parcmètre, garage loué ), soit c'est une répartition administrative. Deuxième exemple, avec le calme dans un appartement, dans un monde rural peu urbanisé, c'est un bien libre, alors que le monde urbain de par sa nature bruyante, va donner une valeur marchande au calme: on peut donc produire du silence (double-vitrage, murs anti-bruits, ect…) à travers la  technique marchande ou administrative (pas de Klaxons devant les hôpitaux par exemple).

La rareté n'a jamais paru aussi importante, et pourtant, selon les libéraux, elle tend à disparaitre à l'Age d'or du 19eme siècle: on va selon eux tellement produire qu'on aura une surabondance. Pour les socialistes, c'est le fait qu'on va tellement produire qu'il faudra se servir dans des magasin d'Etat. Aujourd'hui, même dans les pays riches, il y a des besoins insatisfaits: c'est à dire que même si le pays se développe, la rareté et les besoins se développent sans cesse: si la rareté ne disparait pas, l'économie ne disparaitra pas non plus et cela impliquera donc un travail tout au long de notre vie. Si il y a rareté, c'est qu'on ne peut pas tout acheter, ce qui implique qu'on ait à faire des choix dans 4 domaines, les 3 premiers étant les question de Paul Samuelson

- Que produire ? La rareté fait que l'on ne peut pas tout produire en même temps, et qu'on ne peut pas tout consommer, car le budget est limité. Dans un monde monétisé, la rareté ne se perçoit pas d'un point de vue physique, mais du revenu. le premier choix est donc de savoir que produire et donc de savoir que consommer.

- Comment produire ? On a décidé de produire des voitures, mais il faut encore décider avec quelle matières premières, quels équipements, quels consommations intermédiaires, quels services 

- Pour qui produire ? A qui ces voitures sont-elles destinées ? Nos économies contemporaines étant monétaire, on produit alors pour les titulaires de revenues, d'un pouvoir d'achat. D'où vienne ces revenus ? il viennent de l'activité, de l'épargne, du profit. Dans nos économies contemporaines, il y a des personnes qui sont involontairement exclues de ces revenus (chômeurs, retraites): il existe donc une redistribution sociale de façon à équilibrer la distribution des revenus (allocations chômages, retraite, ect…)

- La question du temps: il y a un arbitrage à faire entre 4 usages du temps: le temps de travail, le temps de récupération, le temps de production domestique et le temps libre: arbitrage permanent entre ces catégories. Deuxième arbitrage entre le temps de travail et de loisir et temps de production domestique: car toute les ressources sont rares, mais on peut toujours essayer de gagner un peu plus. En revanche, la seule contrainte intangible, c'est le temps. Vient ensuite la question de l'épargne: quand on épargne, c'est qu'on renonce à une consommation immédiate. L'épargne est donc le choix du moment de la consommation. L'analyse micro-économique repose sur le choix coût/avantage: une décision économique représente un coût (en temps, en argent): c'est ce qu'on appelle en économie le raisonnement marginal: faut-il produire une unité de plus dans une entreprise (cout marginal)? Combien cela va rapporter en plus (recette marginale)? Si la recette marginal est supérieur au cout marginal alors la décision sera prise. Seul faiblesse, ce n'est pas une décision certaine, mais l'inverse, c'est une décision dans l'incertitude sur le cout et les avantages: c'est donc là qu'intervient l'entrepreneur qui doit anticiper le marché et les besoins de demain. D'où l'idée de choix rationnels énoncé par Becker. Depuis le 17ème siècle, on utiles plus volontiers le terme d'"Economie Politique" pour montrer que l'économie est fait de relations entre chacun"

 

B/ Economie politique