Introduction générale à l'économie 22 Septembre 16h-17h

 

B/ Economie politique

 

C'est l'organisation solidaire de la lutte contre la rareté: l'expression d'économie politique a utilisé par Antoine de Montchrétien en 1615. 

Il faut distinguer ce terme d'économie politique", de "la politique", venant du terme grecque "polis" qui veut dire la cité et qui se réfère à l'organisation du pouvoir dans la société. En ce sens, la politique est largement distinct de l'économie. 

 

En effet, tout un ensemble d'activités économique échappe largement au pouvoir politique. En sens inverse, toute une partie des décisions politiques n'ont pas de lien direct avec l'économie. Il y a donc deux termes distincts, celui de l'économie, et celui de la politique, mais il y a en revanche un certain nombre d'éléments communs appartenant à la fois au domaine politiques et au domaine économique.

 

Le point commun entre ces deux termes est "la politique économique": son importance dépend de chaque pays, de chaque moment de l'histoire: plus l'Etat intervient (intervention étatique), plus la part de la politique économique est importante. 

 

La politique économique représente l'ensemble des mesures prises par le pouvoir politique dans le but d'influencer l'activité économique. Pour que ce soit de la politique économique, il faut deux conditions représentatives de l'origine de la décision: il doit s'agir d'une décision du pouvoir politique et qui ait un domaine d'application au champ économique: il y a évidemment d'autres décisions politiques et d'autres aspects économiques (économie privée par exemple). Cette politique économique se fixe des objectifs d'une part et utilise des instruments d'autre part. 

Les objectifs sont nombreux, mais il y en a 4 principaux: 

 

- la lutte contre l'inflation (la hausse des prix), l'objectif est donc d'avoir l'inflation la plus faible possible, voir nul. Par exemple, la BCE fixe à la zone Euro un objectif d'inflation qui est de ne pas dépasser 2% par an

 

- l'emploi: l'objectif est d'avoir le chômage le plus faible possible. Cette fois-ci, il ne peut être question d'un chômage nul car il y a en permanence une mutation de l'emploi et il y aura donc toujours des travailleurs entre deux emplois: l'objectif ici est donc le taux de chômage le plus faible possible .

 

- la croissance la plus rapide possible, mesurée par un indicateur comme le PIB, car la croissance permet de créer des emplois, de distribuer des revenus, de consommer plus. Cela dépend ici du niveau de développement: pour les pays développés, il est impossible d'avoir plus de 5% par an. Pour les pays émergents, on peut aller jusqu'à 10% par an (Chine). 

 

- un objectif extérieur: il s'agit en général d'un excédent du commerce extérieur: le pays exporte plus que ce qu'il n'importe. Parfois, l'objectif extérieur peut être d'ordre monétaire et non plus commercial, en général cette fois, l'objectif est d'avoir une monnaie "forte", qui donc s'apprécie et monte sur le marché des changes.

 

Il y a bien entendu d'autres objectifs de la politique économique: en matière d'écart de revenus par exemple, mais ces 4 là sont les principaux. 

Si ils était atteints et réalisé en même temps, on parlerait alors d'un "carré magique".

 

En 2011, La France à une inflation annuelle de 2,2% (objectif à peu près réalisé), au contraire, l'objectif en matière de chômage n'est pas réalisé (9,9%). 

La croissance: quasi-récession: selon les dernières prévisions, la croissance devrait être aux environs d'1,5%.

Enfin, le résultat du commerce extérieur est de plus en plus dramatique: déficit commercial croissant qui dépasse les 50 milliard d'euros pour l'année: les français consomment plus qu'ils ne produisent. L'Allemagne a depuis toujours un excédant  du commerce extérieur

 

Pour atteindre ces objectifs, il faut des instruments pour essayer d'approcher les objectifs. ces instruments sont de deux nature: conjoncturels ou structurels.

 

La politique conjoncturel dispose de deux éléments principaux: la monnaie et le budget: 

 

Le premier est ce que l'on appelle la politique monétaire: elle relève de la banque centrale et consiste habituellement à faire varier les taux d'intérêts auxquels prêtent la banque centrale. A priori, si le taux d'intérêts augmente, les emprunts sont plus chères, donc les entreprises et les ménages empruntent moins, et cela a tendance à ralentir l'économie: c'est dans ce cadre une politique de rigueur, de lutte contre l'inflation. Au contraire quant on baisse le taux d'intérêts, ménages et entreprises sont incités à emprunter ce qui devrait soutenir l'activité économique. 

Parfois, la politique monétaire consister à réguler la quantité de monnaie et non pas le taux d'intérêts. Actuellement, la BCE rachète de la dette grecque, espagnole, portugaise, et en contrepartie, la BCE créé de la monnaie. Depuis la création de l'euro, la politique monétaire échappe totalement aux Etats-Nations membres de la zone euro. Désormais, la politique monétaire est déterminée de manière uniforme pour l'ensemble de la zone euro par la seule BCE.

 

La politique budgétaire: chaque année, le parlement vote sur la proposition du gouvernement, le budget de l'Etat. Ici, le gouvernement dispose de 3 instruments: les dépenses publiques, les impôts et le déficit/équilibre/excédent du budget (instrument utilisé notamment dans les politiques de relance Keynésienne). 

Les gouvernements sont libres de leur politique budgétaire, mais il existe légalement des règles européennes dans le cadre du traité de Maastricht qui limite le déficit des Etats membres de l'UE à 3% du PIB et qui limite la dette publique totale à 60% du PIB. 

Tout les gouvernements européens ont cessé de respecter cette règle, et se sont lancés dans une politique budgétaire personnelle qui a provoqué la crise des dettes publiques européennes (crise grecque actuelle). Parfois, la Constitution est modifiée pour créer une règle d'or qui normalement interdit le déficit budgétaire.

 

 

Politique structurel qui vise à modifier les structures économiques: exemple avec les politiques de concurrence. Exemple avec les politiques de nationalisation, et les politiques de privatisation

 

L'économie politique inclut toute les décision économiques: celles des ménages, celles des entreprises, des banques, de l'Etat. La politique économique n'est qu'une petite partie de l'économie politique. Pourquoi dit-on depuis 1615 que l'économie est politique: car elle s'inscrit dans la vie de la cité, dans la vie de la société. Contrairement à ce que pensait les grecques, l'économie ne se fait pas de manière isolée, mais implique des relations entre ménages, entreprises, et banques. L'économie n'est pas "robinsonienne", mais politique car inscrite dans l'activité du groupe. 

1er exemple avec la division du travail: depuis l'Antiquité, on a compris que l'on était plus efficace en se spécialisant (en professions) plutôt qu'en essayant de tout fabriquer soit-même: la division du travail est donc une base essentielle du progrès économique. Ce phénomène a été accentué au 18eme siècle par la révolution industrielle avec une division des taches. Observation faite par Adam Smith dans son oeuvre majeure "La richesse des nation" à partir de l'exemple de la manufacture d'épingles: l'entreprise est plus efficace si il y a une division des taches, or la division du travail fait que chacun se spécialise dans un domaine: il devient alors complètement dépendant des autres pour tout les autres produits: l'économie est politique car on dépend du travail des autres. La division du travail implique donc naturellement l'échange qui implique lui-même des relations avec les autres. Dans une économie développée, l'échange est facilité par l'usage d'un intermédiaire qui est la monnaie. Et la monnaie est par nature un procédé social, politique: une monnaie n'a de valeur que si elle est acceptée par groupe, que si l'on à confiance en elle: la monnaie est donc un procédé social .

 

Pour toutes ces raisons, l'économie est qualifiée d'économie politique: on assiste à un élargissement progressif de l'économie politique: pour les physiocrates, au milieu du 18eme siècle, ils considéraient que l'économie politique ne concernait que l'agriculture. Depuis deux siècles, l'économie politique implique les services qu'ils soient marchands ou non-marchands.  Dans la définitions universitaire, l'économie représente l'utile et le droit: ce qui est juste. Cette économie politique ne peut donc pas se dérouler dans un vide juridique, sinon, ce ne serait que la loi du "mieux armé". 

 

L'économie politique a donc besoin d'un cadre institutionnel qui en pose les limites et les règles du jeu. On ne peut échanger/vendre que ce que l'on possède, et donc il faut un cadre juridique sur les droits de propriété par exemple. De même, tout échange, implique un contrat qui fixe les conditions de l'échange. L'échange ne peut se dérouler dans de bonnes conditions que si il y a un droit des contrats, mais encore des instituions judiciaires qui peuvent arbitrer les conflits économiques, en cas de non respect ou de rupture du contrat.